ionos-performance domain was triggered too early. This is usually an indicator for some code in the plugin or theme running too early. Translations should be loaded at the init action or later. Please see Debugging in WordPress for more information. (This message was added in version 6.7.0.) in /homepages/37/d4299336364/htdocs/wordpress/wp-includes/functions.php on line 6170De près ou de loin, nous avons tous vécu des situations traumatisantes et humiliantes, particulièrement en milieu scolaire où les émotions sont décuplées et souvent camouflées. Mais comment aborder le consentement, le harcèlement et l’acceptation de l’autre sans se montrer moralisateurs ? Comment partir de l’être pour aller vers l’autre ? Comment se mettre à la place de l’autre à un âge où on découvre à peine l’être ? La question d’appartenance au groupe ne permet pas toujours de révéler son identité, sa singularité, sa différence.
Transposer l’oeuvre initiale du conte La Belle et La Bête dans une action qui se déroule dans un milieu scolaire était une évidence pour permettre d’aborder des thématiques à travers un message d’espoir. Collégiens, lycéens, enseignants, parents et jeunes artistes vivent une expérience actuelle qui parle d’eux, étudiée et jouée par eux, dans leur langage. Ils se voient et s’entendent. Les personnages attachants, les actions, le texte, la musique, la danse et la scénographie minimaliste leur permettent de directement et simplement s’identifier en se mettant à la place de la proie harcelée comme du prédateur harceleur. L’oeuvre permet très vite de lire que nous avons tous et toutes une belle et une bête en nous.
La préparation et le casting nous ont permis de vivre de vraies rencontres lors de nos trois tours d’auditions transformées en séances de travail pour rentrer tout de suite dans l’œuvre, dans la résonance du vécu d’une grande majorité de candidats, hélas.
L’artiste est cet oiseau rare, pour ne pas dire bizarre, très communément harcelé, qui sort de sa dépression par l’expression. L’expression de ses émotions, de ses maux par des sons. Ces auditions ont donc permis à tous les artistes, retenus et non retenus, de se faire entendre, d’avoir une voix, d’être considérés tout en leur apportant des clés conscientes de notre dualité.
L’aventure de la création dans les Pouilles a permis en petit comité de révéler et de sublimer un message difficile à porter par des jeunes artistes pour des jeunes spectateurs qui en deviennent les spect-acteurs. De ceux qui regardent à ceux qui gardent. De ceux qui observent à ceux qui ressentent et agissent. Ces nouveaux acteurs nous donnent la force et le profond désir de continuer d’agir, créer et transmettre La Belle + La Bête dans toute la France.
Notre voix compte.
Que nous soyons ou non artistes, nous avons tous en nous une voix qui ne demande qu’à exprimer, manifester et partager une part de nous-même, de notre monde, de notre humanité, de notre vécu.
Notre voie conte.
Nous « attrapons des idées comme des poissons » disait David Lynch. « L’idée dicte tout ». Tout tourne autour de l’idée. Partant de là, l’imaginaire et le vécu font remonter à la surface des images, des sons, des silences, des thèmes, des rythmes, des espaces, des lumières, des décors, des looks, des situations, des personnages, des sentiments, des mouvements, des mots, des émotions. Tous ces éléments du puzzle narratif s’organisent par vague et nous commençons à modeler la matière première, la substance, le nectar créatif. Ainsi démarre notre histoire et notre manière bien singulière de la raconter.
Vient ensuite l’arc narratif qui structure la trajectoire, les mouvements et les étapes de notre histoire. On part d’un état ou d’une situation initiale jusqu’à une résolution en passant par une transformation. Les étapes sont très personnelles.
Le contexte nous donne le « mood » et l’impulsion juste pour commencer à raconter. Nous sommes déjà présents et imbibés de sens. Un silence, une introduction musicale, une voix a cappella, une lumière, un visuel… amorcent le début de l’action. L’adresse donne de la force à notre propos. A qui parlons-nous ? A nous-même ? A une personne en particulier ? Aux femmes ? Aux hommes ? Au monde ?
Être artiste, c’est livrer ses secrets sans les dire. On prend le risque de ne pas être compris.e. On partage avec le public, du dedans au dehors. Il reçoit, simplement et nous communique ses émotions transformées par notre histoire.
Qu’elle soit concrète ou abstraite, tangible ou intangible, audible ou silencieuse, la narration guide notre création.
« N’oublie jamais que si tu t’es lancé dans ce travail au départ, c’est parce qu’il y avait en toi quelque chose dont tu sentais que, si tu parvenais à l’exprimer d’une manière ou d’une autre, tu te comprendrais mieux toi-même et la façon dont tu cohabites avec le reste de la société. » — David Bowie
La narration est notre voix. La création est notre voie.
— Bixente Simonet
Savez-vous d’où vient le mot personne ?
« Persona » en latin désignait le masque porté par les acteurs de théâtre dans l’Antiquité romaine. L’étymologie est fascinante car elle relie plusieurs dimensions : le visage que l’on montre, la voix qui résonne à travers le masque, l’identité profonde et la place que chacun a dans la société.
Certains l’associent aussi au verbe latin « personare », sonare — sonner et faire entendre, per — à travers. Nous sommes donc les sons que nous émettons et qui nous traversent.
Avant de nous lancer dans l’aventure et de définir nos trois ACT de manière plus approfondie, nous nous sommes penchés sur la signification de Sounds of Freedom.
Sounds, le dedans : les sons, la vibration, la résonance, la fréquence… comment s’ouvrir, comment vibrer, comment s’écouter, comment être ?
Freedom, le dehors : la liberté sans laquelle nous ne pouvons nous exprimer, créer, partager, dialoguer, tout simplement aller vers l’autre.
Aujourd’hui, nous sommes reliés à la vie des autres par un fil continu d’informations, de très nombreux profils. Nous avons accès à l’instant des autres. Mais la rencontre est de plus en plus rare, remplacée par le masque que l’on se force de montrer.
Par définition, un son est libre, une personne est libre. Sounds of Freedom est ce liant qui permet de tisser le fil avec soi, avec son être profond, d’aller du centre de l’être au centre de l’autre, par l’art, la pratique artistique, l’action de l’art. De l’être à l’autre par l’art. Trois mots, courts, directs, qui se ressemblent et interagissent transversalement.
Oui, Sounds of Freedom aspire à révéler l’ÊTRE pour stimuler l’AUTRE, créer et agir ensemble par l’ART.
— Bixente Simonet